Écrite au cinquième siècle cette Règle peut nous paraître étrange et désuète. 
Écrite pour des moines, elle peut sembler ne pas concerner des laïcs.
Cependant, pour peu que l’on considère qu’elle est un moyen d’incarner l’Évangile au jour le jour dans notre vie concrète, elle devient un guide précieux pour mettre Dieu au centre de notre vie.
Elle nous aide à opérer des choix dans notre existence, à ordonner celle-ci, à  la simplifier, la pacifier, régler notre relation au monde et aux choses dans le sens de la mesure et de la retenue afin de favoriser l’essentiel qui est notre relation à Dieu.
Elle nous aide à vivre avec les autres, à nous connaître nous-mêmes et de ce fait à réduire notre ego, à écouter davantage, à parler avec mesure, que ce soit dans notre vie de tous les jours ou au sein de la communauté que nous formons en groupe ou lorsque la communauté Grange se rassemble.
Les laïcs cisterciens essaient de lire la Règle de saint Benoît chaque jour et chaque fois qu’il est nécessaire de mettre l’Évangile dans le réel de leur vie personnelle ou communautaire.
Cette lecture nous aide à évaluer régulièrement notre vie et à la convertir, en élaborant des petites règles  qui sont des applications concrètes, limitées dans le temps et l'action, que nous choisissons de vivre personnellement ou collectivement sous la responsabilité partagée
de tous. La règle est donc un outil de transformation concrète de notre vie afin de la rendre plus conforme à l'esprit de l'évangile.
Véritable guide de notre chemin de conversion, la Règle de saint Benoît trouve tout naturellement son application dans les cinq jalons qui balisent ce chemin.

Nous allons donc fonder une école du service du Seigneur.
Dans cette institution, nous espérons n'imposer rien de dur, rien de pénible.
Toutefois, si la raison et l'équité conseillent de proposer quelque légère contrainte, pour corriger les vices et préserver la charité, ne va pas, troublé de frayeur, abandonner sur-le-champ le chemin du salut dont les débuts sont forcément malaisés.
À mesure qu'on progresse dans une sainte vie et dans la foi, le cœur se dilate, et c'est avec une indicible douceur d'amour que l'on court dans la voie des commandements de Dieu.
Règle de saint Benoît, prologue v. 45, 49