" La première génération des cisterciens, celle des fondateurs, à peu écrit, ils avaient fort à faire. Pourtant il nous est resté quelques textes de saint Etienne Harding ( ou qui lui sont attribués).
Ce sont le Petit exorde et la Charte de charité qui sont en relation avec la fondation de Cîteaux et du Nouveau monastère. "
La seconde génération est dominée par ceux que Dom Anselme Le Bail a appelés " les quatre évangélistes de Cîteaux" : Bernard de Clairvaux, Ælred de Riévaulx, Guérric d’Igny et Guillaume de Saint Thierry.
Il y eut d’autres auteurs cisterciens importants comme Baudoin de Ford, Alain de Lille, Isaac de l’Etoile…
Il faut leur joindre plus tardivement deux moniales : Béatrice de Nazareth et Gertrude d’Helfta.* *les prénoms sont liés aux lieux d’implantation des abbayes. 

Bernard de Clairvaux  1090 - 1153
Fontaine saint BernardIssu d’une famille de petite noblesse, Bernard naît en 1090 au château de Fontaine près de Dijon.
De tempérament très liant, il se révèle vite un entraîneur d’hommes, si bien que c’est tout un groupe de ses frères et ses amis, qui arrive à Cîteaux en 1113.
Bernard avait alors 22 ans.
Venu au monastère pour vivre dans le silence et la solitude, Bernard est souvent appelé à intervenir dans la vie religieuse et politique de l’Europe.
Son désir de Dieu engage tout son être et c’est son expérience personnelle qu’il laisse percevoir dans son enseignement. Ecrivain hors pair, son influence fut grande non seulement dans l’Ordre cistercien, mais bien au-delà : elle dépassa les limites de son siècle.
Les écrits que nous gardons de lui sont nombreux : Traités : " les degrés de l’humilité et de l’orgueil ", et " De l’amour de Dieu ", ses premiers écrits où se lit déjà toute sa doctrine.
" De la considération " (adressé à Eugène III, un de ses moines devenu Pape), et d’autres traités ; de nombreux sermons sur le temps liturgiques ou sur d’autres sujets, et des Lettres, abondantes, elles aussi. Son chef d’œuvre est le "Commentaire du cantique des Cantiques" resté inachevé à sa mort.

 

Ælred de Riévaulx 1110 – 1166
Ælred naît en 1109 au nord de l’Angleterre, aux confins de l’Ecosse, dans la ville d’Hexam. Abbaye de RiévaulxIl reçoit une excellente instruction à l’école de son bourg natal, et y apprend le beau latin qu’il ne devait jamais oublier.
Il entre à l’abbaye de Riévaulx en 1133.
Il a 24 ans.
La tradition cistercienne a porté ce jugement sur Ælred :" Notre Ælred est presque l’égal de Bernard".
Il est en effet, de tous nos Pères, le plus proche de Bernard, par sa doctrine, par son action, par son influence, si bien qu’on a pu l’appeler le "Bernard anglais".
Ses contemporains en ont parlé comme d’un homme d’une sérénité inaltérable, d’une bonté humaine.
Il sait se faire des amis, parce qu’il aime et sait traduire son affection. Or Ælred a des amis partout : il en a dans son abbaye, comme le témoigne son " traité de l’amitié " qu’il écrivit à la manière de Cicéron.  
Par ailleurs son bref traité : "Quand Jésus avait douze ans ", est un modèle de cet attachement à l’humanité du Christ, si chère aux cisterciens. Autres écrits importants : "L’amitié spirituelle" et surtout "Le Miroir de la Charité".
Actuellement encore, Ælred reste à la suite de Bernard, un maître de vie spirituelle.

 

Guerric d’Igny  V. 1070/80 – 1157
La naissance de Guerric se situe entre 1070 et 1080 à Tournai, donc 10 à 20 ans avant celle de Bernard.                                                                                                                                                           
Il reçoit son éducation à l’école cathédrale de Tournai :humanité, dialectique et théologie, ce qui lui vaudra un talent d’écrivain bien formé et développé.
Il entend parler de saint Bernard par deux de ses amis et visite Clairvaux en 1120, sans avoir l’intention d’y rester.
Mais Bernard reconnaît en lui l’étoffe d’un bon moine, le presse d’entrer.
Le voici novice à Clairvaux, un novice plus âgé que son abbé, et sur le plan humain, doté de plus d’expérience et de maturité. Guerric reste 13 ans à Clairvaux, période qui coïncide avec le plein épanouissement des dons de Bernard et sa meilleure production littéraire.
Puis vers 1138, il est envoyé à Igny, en Champagne, qui a été fondée en 1128, et il en devient abbé. Il a environ 60 ans. Il meurt en 1157.
Nous n’avons de Guerric que le recueil de ses sermons. Tous, sauf le dernier, ont pour sujet les fêtes de l’année liturgique.
En maints endroits, il reprend l’idée origénienne de "la conception et de la naissance du Christ en l’âme."
On retrouve cette idée chez d’autres auteurs ; mais rarement elle a reçu un pareil développement et s’est exprimée en termes aussi tendres : "nous sommes des mères de l’Enfant qui est né non seulement pour nous, mais de nous."


Guillaume de Saint-Thierry 1085 – 1148
Guillaume de st ThierryNé à Liège vers 1085, Guillaume quitte son pays pour faire ses études, sans doute à Laon.
Puis il prend l’habit monastique dans l’abbaye bénédictine de Saint Nicaise de Reims, alors en pleine ferveur.
Il devient ensuite abbé du monastère bénédictin de Saint-Thierry, près de Reims, vers 1121.
Il avait fait la connaissance de Bernard quelques années auparavant ; celui-ci l’avait conquis, et Guillaume désirait devenir cistercien. Bernard qui trouve ce projet trop peu mûri, s’oppose à ce que son ami entre à Clairvaux. Plusieurs années après, en 1135 passant outre aux conseils
de Bernard, Guillaume rejoint la jeune fondation cistercienne de Signy, le monastère de saint Bernard le plus proche de Reims, où il demeurera jusqu’à sa mort en 1148.
Ce séjour à Signy est fécond : Guillaume écrit beaucoup : " Commentaire du cantique " dont il avait dû parler avec Bernard quand ils étaient tous deux malades à Clairvaux," Enigme de la foi ", et surtout la " Lettre d’or ", dédiée aux frère chartreux du Mont-Dieu, qui est un condensé de sa doctrine.
Excellent théologien et philosophe, Guillaume est aussi un grand mystique. Pour lui, le dogme est matière à contemplation, non à spéculation. Il est nourri des écrits des Pères de l’Eglise, et très sensible à ce qu’ils ont de concordant.
C’est un des auteurs occidental qui a le mieux perçu en profondeur la pensée d’Origène.

 

 

Béatrice de Nazareth  vers 1200 – 1268
Béatrice entra très jeune chez les cisterciennes de Bloemendael en Belgique. Puis elle passa avec ses deux sœurs à Maagdendael, avant d’entrer à Nazareth, près de Lierre, où elle devint prieure.
Elle y mourut en 1268.
Très tôt elle mit par écrit ses expériences spirituelles, et rédigea de petits traités sur des sujets d’ascétique et de mystique. Ils formeront son " Autobiographie ".
On a retrouvé l’un de ses traités sur les " Sept degrés de l’amour ".

 

Gertrude d’Helfta   vers 1256 – 1302Gertrude
Confiée à l’âge de cinq ans au monastère d’Helfta, près d’Eisleben, en Saxe, Gertrude y reçut une formation très soignée. D’une intelligence très vive,
aimée de toutes ses sœurs, elle fit la découverte de la vie mystique dans une vision initiatrice.  
Le mystère du Christ tient chez elle une place centrale, en particulier dans le mystère eucharistique.
Parmi ses œuvres, écrites en latin, on compte principalement "les exercices "et "Le Héraut de l’amour divin", proclamation de l’Amour du Christ
envers les hommes.  

Pour une documentation plus complète voir le site de Cîteaux ou consulter le CD présentés par Frère Luc, moine de Cîteaux

Documentation : site de l'abbaye de Cîteaux
Publication avec l'aimable autorisation de l'abbaye de Cîteaux