Rumine …
« Rumine les paroles dans ton cœur et puis applique les à toi-même, à ta situation, sans te perdre dans le psychologisme, dans l’introspection et sans finir par faire ton examen de conscience.
C’est Dieu qui te parle, contemple-le, lui, et non pas toi-même. Ne te laisse pas paralyser par une scrupuleuse analyse de tes limites et de tes déficiences en face des exigences divines que la Parole t’a fait découvrir. » […]
« Emerveille-toi plutôt de celui qui parle à ton cœur, de la nourriture qu’il t’offre, plus ou moins abondante, mais toujours salutaire. » […]
« Reste dans l’espace de la foi, Dieu t’enseigne, modèle ta vie sur celle de son Fils. Dieu se donne à toi, se livre dans sa Parole : accueille-le comme un enfant et entre en communion avec lui »* 
* Prier la Parole Enzo Bianchi éditions Bellefontaine

Lectio divina : que veulent dire ces termes ?                              DSC04924

 

« La lectio divina consiste en ceci : chercher le Christ »« Sans aucun doute, traduire le terme lectio divina en appauvrit le sens. C’est plus qu’une lecture, terme trop superficiel pour nous ; c’est moins qu’une étude, terme trop intellectuel; différent de la méditation, terme trop piétiste et volontariste.
Nous préférons donc, en ces pages, garder le terme de lectio divina ou bien le traduire par « Parole priée » ou encore « Prier la Parole ». *
La lectio divina est une lecture en vue d’une rencontre avec Dieu.
Dans cette rencontre la Parole est vivante puisqu’elle suscite en l’homme sous le dynamisme de l’Esprit, une écoute, une interprétation, une rencontre, une réponse à Dieu qui se fait proche.
La lecture chrétienne de la bible n’est pas une lecture fondamentaliste.
Le but de la lectio est de rencontrer un Dieu vivant à l’œuvre en ce temps qui est le nôtre. 

 

D’où vient la lectio ?


Elle  nous vient de très loin puisqu’elle fut inspirée par la manière juive de lire les écritures. 
Les Pères du désert, les Pères de l’Eglise et le monde monastique vont pratiquer cette écoute de la Parole et commenter diverses approches de lecture de la Parole.
Il faut attendre le 12ème siècle pour voir Guigues II le Chartreux proposer une « méthode » organisée par degrés.
Cette « méthode »  est appelée « l’échelle des moines » et c’est un petit traité* qui guide la lectio divina.
* l’on trouve ce texte aux pages 105/120 du livre cité plus haut 

 

Comment se déroule une lectio divina ?


L’on commence par une prière à l’esprit afin qu’il ouvre notre cœur à l’écoute de la Parole.

Le premier temps de la lectio divina est le temps de la lecture où le texte explique le texte.
Il s’agit de lire attentivement le passage de la bible sans l’interpréter mais en cherchant à bien l’enraciner dans l’Ecriture. Qui sont les personnages, les situations, les dits, les non dits. Vers quels autres passages de la bible renvoient–ils ? Comment répondent-ils  aux questions que l’on peut se poser et  déplacent nos points de vue tout fait en nous faisant découvrir ce que le texte dit vraiment et non ce que nous imaginons qu’il dit.

Le deuxième temps est la méditation
Il s’agit de voir comment cette parole vient aider à croire, à rejoindre le Christ, interroge notre vie. Nous nous  laissons rejoindre par Dieu qui vient « convertir » notre quotidien et appelle avec amour à avancer sur son chemin.  Certains parlent de ce temps comme d’une rumination.

Le troisième  temps est la prière, qui si elle se prolonge peut devenir contemplation.
Cette prière s’appuie sur un verset, un passage, un mot, une situation du texte précis. A partir de cet élément nous  parlons  à Dieu comme on parle à un ami et Dieu nous parle. Il suscite en nous une réponse, une attirance.
La contemplation est la relation qui s’instaure entre Dieu et nous. Nous pouvons l’espérer sans qu’elle ne dépende de nous. Nous sommes dans le domaine de la pudeur car il s’agit de l’intimité entre la personne et la présence de Dieu ou du Christ venu la visiter.
La contemplation est un don, elle ne peut être un but, une volonté,  elle est seulement un désir et une disponibilité afin que Dieu puisse prendre l’initiative.


La lectio divina fait partie des jalons qui balisent le chemin des laïcs cisterciens de la Grange Saint Bernard de Clairvaux.printemps 060 1459331301 77.128.56.115Beaucoup la pratiquent chaque jour. Certains  choisissent un autre rythme tous les deux jours, toutes les semaines etc…
Il est important d’être fidèle à ce rendez-vous régulier afin de l’inscrire dans nos vies et de ne pas toujours recommencer.
Il est intéressant de noter nos réflexions au cours des deux premiers temps, ne serait-ce que pour fixer nos pensées et progresser.
Le cadre est à soigner, une table encombrée de diverses choses ne va pas aider, le portable à portée de mains risque d’interrompre par un appel extérieur.
La beauté, la simplicité de l’environnement immédiat vont aider : une bougie, une fleur, une icône etc…mettent dans un climat de prière. La lectio est une approche lente qui demande un minimum  de 20 minutes, plus si l’on peut.
Elle se pratique seul ou en groupe.
En groupe il est nécessaire de pratiquer une « méthode » commune qui est d’abord une écoute de la Parole et de chaque participant, en se refusant d’entrer dans une discussion. En cela la lectio diffère très largement d’un partage d’évangile habituel. Des sessions de formations existent  pour entrer dans un apprentissage, mais Il n’y a pas de « méthode » de lectio divina  meilleure que d’autres si ce n’est celle qui me permet d’entrer en relation avec Dieu et que je vais peu à peu découvrir en la pratiquant.